

- "A69 entre Castres et Toulouse : L'État conteste l'annulation du projet, le bras de fer judiciaire s'intensifie"
Par Patrick VINCENT - Pour OCCITANIE TRIBUNE et EUROTRIBUNE, le 27 Février 2025
"A69 entre Castres et Toulouse : L’État conteste l’annulation du projet, le bras de fer judiciaire s’intensifie"
Le projet de liaison autoroutière A69 entre Castres et Toulouse, qui devait révolutionner les déplacements dans la région Occitanie, vient de subir un coup d’arrêt majeur. Le tribunal administratif de Toulouse a annulé, ce 27 février 2025, les autorisations environnementales du projet, mettant en suspens l’un des chantiers les plus ambitieux de la région. Une décision qui ne passe pas inaperçue, tant les enjeux économiques, sociaux et environnementaux sont colossaux.
Une décision qui fait l’effet d’une bombe
Le tribunal administratif de Toulouse a estimé que les autorisations environnementales accordées pour le projet A69 (et son prolongement A680) ne respectaient pas pleinement les exigences légales en matière d’impact écologique. Cette décision, saluée par les opposants au projet, a immédiatement provoqué une réaction en chaîne.
L’État, principal porteur du projet, a annoncé sans délai qu’il ferait appel de cette décision et demanderait un sursis à exécution. Cela signifie que, pendant la durée de la procédure d’appel, les travaux seront suspendus, à l’exception des opérations de mise en sécurité du chantier, conformément au code de l’environnement.
Un projet d’utilité publique contesté
Lancé en 2018, le projet A69 a été déclaré d’utilité publique après des années d’études et de consultations. Il vise à relier Castres à Toulouse par une autoroute de 53 kilomètres, permettant de réduire significativement les temps de trajet, de sécuriser les déplacements et de désenclaver une région souvent perçue comme isolée.
"Ce projet est essentiel pour l’économie locale et pour les habitants", rappelle le gouvernement. Il bénéficie d’un large soutien des élus locaux, des acteurs économiques et d’une partie de la population, qui y voient une opportunité de développement et de désenclavement.
Pourtant, depuis son lancement, le projet n’a cessé de faire l’objet de vives critiques, notamment de la part d’associations environnementales et de collectifs citoyens. Ces derniers dénoncent un projet "désastreux pour l’environnement", avec des impacts irréversibles sur les paysages, la biodiversité et les ressources naturelles.
Un chantier à l’arrêt, mais des millions déjà engagés
Les travaux, débutés en mars 2023, avaient jusqu’ici avancé sans encombre, bénéficiant de six décisions de justice favorables. Près de 300 millions d’euros, soit les deux tiers du coût total du projet, ont déjà été engagés. Une somme colossale qui pèse lourd dans la balance, alors que le chantier est désormais à l’arrêt.
Le projet, réalisé en concession et financé principalement par le péage, est le fruit d’un partenariat entre l’État, la région Occitanie, les départements de la Haute-Garonne et du Tarn, ainsi que les communautés de communes concernées. Un montage complexe qui illustre l’importance stratégique de cette infrastructure pour la région.
L’État déterminé à poursuivre le projet
Malgré ce revers judiciaire, l’État affirme son attachement indéfectible à la réalisation de l’A69. "Nous engagerons toutes les voies de recours pour permettre la reprise du projet dans les meilleurs délais et dans le respect de la réglementation", a déclaré un porte-parole du gouvernement.
Cette détermination ne fait cependant pas l’unanimité. Les opposants au projet, galvanisés par la décision du tribunal, réclament un réexamen complet du dossier, voire son abandon pur et simple. "Il est temps de mettre un terme à ce projet obsolète et destructeur", lance un représentant d’une association environnementale.
Un bras de fer qui s’annonce long
La bataille judiciaire qui s’annonce promet d’être âpre. D’un côté, l’État et les partisans du projet, qui mettent en avant les bénéfices économiques et sociaux de l’A69. De l’autre, les défenseurs de l’environnement, qui dénoncent un projet "d’un autre temps", incompatible avec les impératifs écologiques actuels.
En attendant, les travaux sont à l’arrêt, et les pelleteuses silencieuses. Le sort de l’A69, suspendu à la décision de la cour d’appel, reste incertain. Une chose est sûre : ce projet, qui cristallise les tensions entre développement économique et préservation de l’environnement, continuera de faire parler de lui.
Conclusion :
L’annulation des autorisations environnementales de l’A69 par le tribunal administratif de Toulouse marque un tournant dans ce dossier hautement sensible. Alors que l’État s’apprête à engager un long combat judiciaire, les débats sur l’avenir de cette liaison autoroutière risquent de s’envenimer. Entre désenclavement économique et urgence écologique, le projet A69 incarne les dilemmes de notre époque. Affaire à suivre.
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